Lecture-Olivieri

-- Dimanche le 28 septembre à
15h --
Denise Brassard
lira des extraits
de son recueil La rive solitaire;
Joël
Pourbaix lira des poèmes du recueil
Dictature de la solitude;
Normand Baillargeon,
pour sa part,
lira quelques aphorismes de Rabindranath
Tagore,
du recueil Les oiseaux de
passage, qu'il a traduit.
Au plaisir de vous y rencontrer.
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C’est avec regret que nous avons
appris le décès
de notre ami poète Luc Perrier.
Poète
avant tout, Luc Perrier a été l’un des
tout premiers auteurs des éditions de l’Hexagone,
alors qu’il publiait Des
jours et des jours en 1954 et Du
temps que j’aime en 1963. Puis, après
une éclipse de quelques décennies, il revint
à la publication aux Éditions du Noroît
où il a publié quatre titres : Champ
libre (1994), Faites le
nécessaire (1998), De
toute manière (2002) et Le
moindre vent (2006).

Luc Perrier disait écrire «
en état de poésie, d’écrire avec
les vents et les marées, avec la joie ou la douleur
de mes frères ». Cela ressemble au poète
empreint d’humanité, sensible aux mots et au
monde, soucieux du territoire et de l’être, ce
dont l’oeuvre témoigne qui ne sombre jamais dans
le désespoir. Bien au contraire s’agit-il d’une
poésie lumineuse, porteuse de sens et de liberté.
À l’écoute du monde, le poète officie
à la célébration de la parole. Il se
donne à cette exigence pour traduire ce qui nous échappe,
l’indéfinissable au cœur de la beauté,
dans un esprit de découverte. Il s’agit d’être
à l’intérieur du temps celui qui saisit
le cours incessant de l’existence. En ce sens créer
fut pour Luc Perrier un appel lucide au renouvellement, une
veille sans quoi le poète se répète et
sacrifie le créateur en lui.
Dans son tout dernier livre, Le
moindre vent est cela même qui appelle le poète
pour entendre l’enjeu profond de toute existence, soit
qu’une trace tangible de la présence crée
de nouvelles possibilités, sensibles à tous
les vents, au soleil qui vient mouiller près de nous
sa chaleur et son attention. Le poète toujours à
l’affût des signes nous conduit dans sa nuit de
lumière. Il a défendu avec ferveur la poésie,
ainsi qu’il l’écrivait dans « D’où
le poéme » : « le
corps brûle, le verre se vide, mais le poème
ne se consume pas, ne se vide pas. Ce quelque chose d’éternel
le sauve du périssable. Le poète manque de lectrices,
de lecteurs. Combien de gens préfèrent le noir
au soleil, la guerre au poème, le solide au vague.
Lectrices, lecteurs, au poème! Comme pour la bière
une première fois, vous ne pourrez plus vous en passer
après quelques gorgées. Cinq minutes de poésie
par jour ramèneraient le bonheur sur terre. Une seule
lectrice se profile, assez pour que le poète regagne
les mots, les déloge de leur chambre noire.
»
Nous offrons à Mariette, à
la famille
et aux proches nos condoléances.
Paul Bélanger
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