|
Ce second livre de Diane
Régimbald prend prétexte d’une phrase
de Paul Celan pour entamer son mouvement, comme si cette phrase
servait à entrer dans son chant :
« On m’a dit qu’il y a / dans l’eau
une pierre et un cercle». Mais ce pourrait être
tout aussi bien un « chant de mère » (titre
d’un poème du recueil).
Quête de mère à mère où
le poème cherche le nom lié à son corps,
comme si la voix était le corps fait don. « Je
suis née de ce qui façonne la terre »,
écrit-elle en ouverture. Les interrogations du poète
ne cesseront pas du début à la fin, tant ce
mouvement, lié à la vie, aux choses et aux éléments,
confronté à « cette impression de mourir
», est dicté par l’urgence. Quel nom transmet-on
d’une mère à l’autre, sinon le rythme
de son oubli, le chant de sa métamorphose. Car il s’agit
bien de remonter à l’origine, « le ventre
gonflé par ton ombre », et c’est «
l’ombre oubliée de l’enfance » qui
« ouvre le livre ».
L’amour, comme un fil de continuité, se transmet
indistinctement, sourdement, sans lequel toutefois on ne saurait
entrer dans le monde. L’enfance annonce l’aurore,
et l’âme voit l’essence du monde. Tout se
tend entre le corps, la chose, la nature et le livre. Mais
seul l’amour crée la constance et la tension
avec le temps qui passe :
« l’âge de la terre passe / et nous, dans
un froissement d’ailes », disant ainsi notre fugace
présence. Vie tissée au milieu des autres vies.
Ainsi, l’eau et le poème vibrent au cœur
des pierres.
|