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Pierre
Ouellet
La vie de mémoire
2002, 108 p.
16,95$
ISBN 2-89018-493-5
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La
vie de mémoire rassemble des notes prises au jour
le jour - on aimerait dire : à la nuit la nuit - sur
tout ce qui fait de l'histoire d'un homme apparemment sans histoire
le lieu d'un éternel recommencement : la fin attendue
rappelle à tout moment une origine perdue que le sens
des mots cherche à capter, quand c'est leur voix qui
en est saisie.
On y apprend que "vivre" est pour beaucoup "avoir
vécu" : être né là, ici, ailleurs,
à tel moment d'une longue histoire qui nous échappe,
mais à laquelle on n'échappe pas. Sinon en se
sauvant, dans la parole, dans le silence, par cette grande porte
de sortie : la vie des mots, la poésie, qu'on ouvre sur
de l'absence où rêves et souvenirs se réconcilient.
Une première partie explore le fond de mémoire
surgi du lieu : une chambre, une ville ou un pays, vécus
comme une halte, une aire de repos, une autoroute abandonnée.
La deuxième met le poème à nu, montrant
ce qu'il cache sous les multiples couches de sens qu'il accumule
comme autant d'invitations à les lui enlever. La troisième
dresse devant soi la figure d'un père qui aura vécu
couché dans son silence, dont même la voix rude
du poème n'arrivera pas à le relever. Le livre
dans son entier fait résonner des voix dont l'écho
ne s'épuise pas plus que le sens large qu'on voudra leur
donner.
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