Ce premier recueil
s’inscrit dans l’intimité de ses lieux
: « Ferme les yeux / une mort légère /
berce ton épaule ». Par touches légères,
en contrepoint d’un propos parfois grave, ces poèmes
sont en marche vers ce qui tombe au milieu du corps : objets,
sensations, événements. Ils demeurent, par leurs
associations, en équilibre au seuil de l’ombre
et du silence. Une chanson peut bien passer la fenêtre,
elle gagne l’ombre « étrange et froide
/ que jette un arbre nu / au milieu du corps », là
où les mots battent, mais « est-ce encore mon
poème / ce bruit sourd entre les choses . » Fortement
ancrés dans la matière, ces poèmes graves
et légers assemblent les bruits, les images du monde.
Malgré le poids d’incertitude et de souffrance,
l’auteur laisse entendre une voix sobre et retenue,
une voix paisible.
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