|
Brisures constitue une sorte d’inventaire de
l’exaspération face au monde tel qu’il
est, au moyen d’observations concises, tendues vers
la vérité, et dont la forme renvoie aux ambitions
lointaines de la poésie. Ces constats sont organisés
de façon à ménager des déplacements
et des ouvertures.
La forme même des poèmes est fixe (deux lignes
qui ne sont ni plus ni moins qu’un alexandrin coupé
en deux, et qui s’enchaînent les uns les autres),
« Tes phrases terminales / s’appuient sur les
suivantes » (P.60) ; « Vois ta pauvre ironie /
qui règne sans pouvoir » (P.63)) et propose une
lecture en continue où les enchaînements, les
échos et les retours témoignent d’une
attention parfois teintée d’ironie, d’une
exigence poétique. L’ensemble de ces «
constats » ne conduit pas tant à une réponse
qu’à une conscience qui ne peut « habiter
(le monde) qu’en dehors ».
|