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Jean Chapdelaine
Gagnon
Vigile
2003
15,95 $
ISBN 2-89018-509-5
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Le nouveau titre de Jean Chapdelaine
Gagnon poursuit la quête du livre précédent,
Tu (2000).
Ici, on veille la mémoire d’une « défaite
heureuse » qui provoque une méditation poétique
autour de la mort.
Le recueil s’ouvre et se referme sur deux mystiques soufi
et hassidique, et poursuit, d’une suite à l’autre,
une question qui restera sans réponse. Plusieurs références
bibliques traversent le livre, mais ce n’est pas tant
un enjeu qu’un accompagnement. Comme si les poèmes
s’arrachaient lentement à la contingence terrestre,
avec des « paroles bénies » qui vont au-devant
des autres. « Le monde trouve un appui / Mais précaire
/ Vive arête du diamant / Ou d’un trivial éclat
de verre ».
Nous macérons « dans le fût du temps »,
nous voyons avec le poète que la vérité
« tient dans une goutte de pluie ». Le poème
nomme l’intensité de vivre. Malgré la mort,
la félicité gagne le poète, non sans une
pointe de douleur. Dans « Icône », la suite
médiane, le ton, parfois près de la confession,
n’oublie pas qu’il doit tendre vers le poème
pour trouver la vérité. L’image rachète,
malgré la prostration, la dette de l’être
avec la création. Une vie n’est jamais sainte que
du courage d’affronter ses contradictions. Le recueil
se conclut sur une citation du mystique hassidique Baal-Shem-Tov
: « Il faut que l’homme se dise qu’il est
une échelle, posée sur la terre et touchant le
ciel de la tête, et que chacun de ses gestes et de ses
travaux et que chacune de ses paroles impriment une trace dans
le monde d’en haut. » |
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