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Le
coureur de fond et le poète ont ceci en commun que
leur course demande du souffle, de la résistance et
une volonté de transformer douleur et brûlure
en extase. Jouant de l'analogie entre écriture et course,
le portrait devient méditation, dépassement
de la souffrance. La prose élabore la figure du livre
peu à peu : le poète descend en lui-même
pour inventer un lieu entre souffle et pensée. Le poème
a soif d'être rassasié; il court au devant du
sens avec un appétit démesuré.
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