Six décembre mille neuf cent quatre-vingt-dix-huit. Une femme est en train d’accoucher, de donner la vie. « Tout est parfaitement normal » à première vue, presque banal en ce moment décisif qui s’étire, qui contient la vie et la mort tout à la fois. Quelque chose de fondamental se crée en cet instant si particulier qu’il semble irréel, alors que « le temps a fui la chambre ». La narratrice s’adresse à l’enfant qui naît, elle parle de cette vie qui s’échappe d’elle pour habiter le monde. Un dialogue se tisse, subtil, intime, touchant, entre la mère, le père et l’enfant. Six heures vingt est un texte fluide, épuré, qui émeut sans jamais tomber dans la facilité.
Cette belle suite de poèmes, d’une écriture retenue, toute en finesse, en prise directe sur le réel.
Extrait du jury des prix littéraires de Radio-Canada, 2008.
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