Publier aujourd’hui en un seul volume les cinq premiers recueils de Jaume Pont tels qu’ils parurent en 1990 aux Edicions 62, c’est permettre de jeter un regard rétrospectif sur ces deux chefs-d’œuvre, en entrant dans les arcanes de l’imaginaire du poète. De Limite(s) à Nulle part, le tout dernier recueil (en catalan Enlloc) paru en 2007, trente ans se sont écoulés pendant lesquels le foisonnement des premières images post-surréalistes s’est décanté, s’est épuré pour exprimer avec une acuité exceptionnelle ce qui fait aux yeux de Jaume Pont l’essence du poème : la célébration par l’Art de ce qui est au cœur de la vie de l’homme et suscite en lui les émotions les plus violentes : la perspective de la mort, l’aventure amoureuse, l’expérience mystique, l’étonnement renouvelé devant les expériences sensorielles, la capacité inépuisable qu’a la langue d’exprimer de manière toujours neuve l’intemporel.
(Extrait de la préface de François-Michel Durazzo)
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