Alors que nous les regardons,
nous sommes pour les ormes, les érables, les trembles
« comme des miroirs de bois ». Ceux-ci, comme
nous, grandissent et se multiplient, travaillant pour leur
propre rêve d'existence. Au cœur des troncs, il
y a la chaleur de tous les jours accumulés, mais aussi
« la mort qui les tient / avec la force d'un basculement
/ continuel de la conscience ».
L'émondé est ce qui ne peut
être sauvé, les branches devenues inutiles à
la perpétuation de la vie. Le sol en est jonché,
tellement qu'on ne sait plus où poser les pieds. S'il
ne fait pas de doute que ce livre aussi ne contiendra jamais
la vie, et par conséquent sera toujours du côté
de l'inutile, il représente cependant la volonté
d'exister encore, d'appartenir au songe d'un nous.
Artiste : Andrée-Anne Dupuis
Bouret
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