Dans les trente-cinq dernières
années, Robert Melançon a beaucoup écrit
sur la littérature et les poètes ; il était
grand temps qu’on écrive sur son œuvre,
à la fois rare et riche, sobre et érudite, d’une
cohérence et d’une rigueur exemplaires, sans
doute la plus « classique » de la littérature
québécoise. Vingt et un lecteurs — écrivains,
professeurs, étudiants ou critiques ; français,
américains, canadiens-anglais ou québécois
— ont généreusement accepté de
jeter une « lumière amie » sur les poèmes
et les essais de Robert Melançon. Ces lecteurs se sont
penchés avec une attention remarquable tantôt
sur un thème, sur un livre, sur l’œuvre
complète, tantôt sur le traducteur, le professeur,
l’ami, le lecteur, le descripteur, le haïkiste,
le mélomane ou l’amateur de peinture. La plupart
l’ont fait dans un essai, d’autres dans un entretien,
réel ou fictif, dans une lettre, dans des poèmes
ou un exercice de traduction. Dessinateur dans l’âme
et, comme Baudelaire en son temps, peintre de la vie moderne,
Robert Melançon est un désaveuglé —
néologisme prêté gracieusement par Robert
Lalonde — qui nous désaveugle à notre
tour en nous incitant « à voir, mais ce qui s’appelle
vraiment voir » la merveille du monde (malgré
ses atrocités), qui inlassablement se recompose sous
nos yeux, et à éprouver l’indicible joie
que procurent notamment la lumière, la musique, le
silence, l’amitié des êtres et des choses,
le visage aimé, la ville, la nature, la poésie,
cette « peinture aveugle » (Léonard de
Vinci).
Contributions de : Jean-Pierre Issenhuth, Robert Marteau,
Gilles Marcotte, Jean Royer, Claude Paradis, Louis-Jean Thibault,
Antoine Boisclair, Marie-Andrée Lamontagne, Paul-Marie
Lapointe, André Duhaime, Éric Ormsby, Andrea
Moorhead, Francine Chicoine, Jacques Martineau, Emmanuel Bouchard,
Jean-François Bourgeault, Yves Laroche, Jacques Brault,
Anne-Julie Royer, David Solway et Marie Frankland
Artiste : Yves Laroche
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