La rive solitaire
propose une méditation sur le temps et ses effets sur
la proximité et la distance entre les êtres.
De la fusion érotique à la réflexion
sur la solitude, les sujets évoluent sur fond d’événements
historiques et d’espoirs déçus, de sorte
que les moments d’intimité entre eux se révèlent
aussi une mesure de la distance qui les sépare du monde.
L’oubli du monde est-elle le prix à payer pour
l’intimité amoureuse ? Le livre pose la question
sans y répondre. Par contre, la proximité maintenue
à travers le temps, si elle exige de renoncer à
la fusion, et donc à l’espoir de rejoindre l’autre
rive, permet du moins le recentrement du sujet autour de la
mémoire. Ainsi faut-il peut-être perdre le nord
et consentir à l’errance et à l’abandon
pour retrouver sinon l’unité, du moins le lieu
de la rencontre.
|