Emily Dickinson a vécu délibérément
à l’écart de toute société,
quittant rarement le Homestead,
la maison familiale d’Amherst. Elle ne voyait que quelques
intimes, toujours vêtue d’une robe blanche. En
secret, sans jamais publier, disséminant ses poèmes
dans des lettres à ses amis, elle a écrit une
œuvre dense, complexe, démesurée, révélée
progressivement après sa mort (1785 poèmes,
des milliers de lettres dont 1200 environ ont été
retrouvées). La légende de la « nonne
d’Amherst » est née de ces faits, qui ont
occulté sa poésie autant qu’elle a contribué
à la diffuser en la chargeant d’une aura de mystère.
L’auteure s’appuie sur la tradition classique
de l’otium litteratum et
sur la littérature sapientielle relative à la
retraite – d’Épictète et Sénèque
à Pétrarque, Montaigne, Emerson – et porte
attention à l’inscription de cette œuvre
dans la nature et la culture de la Nouvelle-Angleterre du
XIXe siècle, ces quatre essais reconstituent la cohérence
d’un projet existentiel, littéraire et philosophique
tout à la fois.
Artiste : Robert Moorhead |