Le silence est une voie
navigable s’ouvre sur les rumeurs de la nuit
et sur une lumière d’aurore qui «répand
des mots». Il suffit de creuser le silence pour entendre
cette «étrange terre qui parle». Après
« Les semblants bleus de la nuit
» où il est suggéré que le regard
nous sauve de l’abîme et de l’oubli, la
seconde partie du recueil, en prose, nous convie à
un périple dans « Les territoires
de l’obscur ». Nous avançons dans
l’invisible, à travers des fragments d’histoires,
entre fiction et réel, jusqu’au « seuil
de tous les possibles »
et en des lieux qui nous font naître. Dans la dernière
partie, intitulée « Chemins
d’occasion », sont assemblés des
poèmes qui interrogent notre présence au monde
: « sommes-nous vraiment en voyage
» ou « simplement devant
une fenêtre»? La marche ou le voyage nous
fournit ce qu’il faut pour survivre contre l’amère
mémoire et contre l’absence de mots. Paradoxalement,
c’est le silence qui nous permettra de pénétrer
le continent du langage, dont la quête constitue le
projet du recueil.
Artiste : Catherine Fortin
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